Ni Dieux ni maîtres, encore et toujours !

another_myth_3_by_coalrye-d75wgdpDepuis ce matin du 7 janvier 2015, où douze personnes sont tombées sous les balles de deux fanatiques religieux ici même, en plein Paris, nous avons pu voir les brebis citoyennes trouver refuge dans l’asile sacré de l’appartenance nationale, et leurs bêlements être exploités par tous les politicards désireux de vendre leur soupe avariée démocrate et/ou sécuritaire. On crie à la défense de la liberté d’expression chère aux citoyens en tous genres. Mais que vaut-elle cette “liberté d’expression” si acclamée, et qu’aucun média ne permet de critiquer ?

Car c’est un pouvoir maintenu comme partout par ses flics en armes et ses tribunaux qui me donne ce droit, or le pouvoir punit et enferme tous ceux qui enfreignent ses lois, du fraudeur à la voleuse, de la prostituée au sans-papiers. Son hypocrisie ne l’élève pas au dessus des autres, il se trouve au même niveau que les partisans de la guerre sainte et il est tout autant notre ennemi. Comme toujours, des droits impliquent des devoirs, notamment celui de respecter des règles sous peine de sanctions. Aussi, je m’en fous de pouvoir m’exprimer si je ne peux pas agir en conséquence, car mes paroles ne sont alors que du vent, tout le monde peut dire ce qu’il veut mais la société continue son chemin comme elle est, dans la soumission passive ou active, éventuellement la dénonciation de principe mais toujours, dans les faits, l’acceptation. Être « libre » de s’exprimer mais enchaîné dans ses actes par les lois des codes pénaux, est-ce être libre ? L’« apologie » et l’« incitation » au terrorisme qui ont entraîné toute une flopée de condamnations montrent encore que le pouvoir peut toujours restreindre la limite des « libertés » qu’il accorde dès qu’il le souhaite. Non, nous ne trouverons pas de liberté dans la paix sociale qu’on tente de nous imposer, mais seulement dans l’accomplissement d’une volonté de vivre sans rien ni personne au dessus de nous, ni sur terre ni au ciel. C’est pour ça que nous ne pleurerons pas plus les trois flics que les trois fanatiques, car tous avaient décidé d’être au service d’un ordre supérieur et autoritaire dont ils croyaient exécuter la volonté, qu’elle prétende découler d’une parole divine ou de la raison d’État (en réalité l’intérêt des puissants régnant sur une partie du bétail humain nommée nation).

Très vite ils étaient des milliers en France et ailleurs à reprendre le fameux : « je suis Charlie » qui répondait au « j’ai tué Charlie ! » lancé juste après le carnage par l’un des tueurs. Mais que veut dire ce slogan au final ? Il s’agit d’un cri de ralliement derrière une République à laquelle on devrait obéir pour qu’en échange elle défende les droits de l’homme, comme la célèbre « liberté d’expression » pour laquelle ces personnes auraient été tuées. Ce slogan est rapidement devenu le symbole de la patrie ayant fait de ses morts des héros, pour lesquels il faudrait observer une minute de silence, la main sur le cœur, dans un sentiment solennel pour lequel nous n’éprouvons, nous, que de l’indifférence. Riches et pauvres, matons et voyous, religieux et athées ont mis de côté leurs différences et se sont attroupés en cortèges serviles pour ne reconnaître que cette effigie, ce mythe qui les fait se croire semblables parce qu’ils vénèrent le même drapeau. Si nous sommes attristés par la mort de ces personnes, elle ne nous touche pas plus que celles des milliers d’anonymes qui périssent loin de nos yeux sous les bombes, par les fusils, aux frontières et dans les prisons des plus grands terroristes au monde qui défilèrent en grande pompe le 11 janvier à Paris, place de la République.

Entre temps il y a aussi eu une prise d’otage dans une épicerie casher au cours de laquelle quatre autres personnes sont mortes. Mais elles, elles n’étaient pas Charlie, ce n’étaient pas des journalistes connus : ce n’étaient que des victimes de plus à rajouter à la liste des atrocités antisémites qui s’allonge depuis des siècles. Le danger des religions est dans leur essence même, dans le principe d’une vérité absolue et aliénante à laquelle on peut tout faire dire. Aussi, pour vaincre celles et ceux qui veulent convertir à coups de kalash, il faudra inciter celles et ceux qui croient en de telles vérités à les remettre en cause car il n’y a rien, dans ce monde ou en dehors, qui puisse nous accorder la liberté. Nous ne voyons pas d’autres manières d’y parvenir que par le combat contre tout ce qui entend nier notre individualité et donner un sens à la vie, contre ceux qui nous font miroiter un paradis en récompense de la soumission et de la résignation.

Nous ne voulons ni la « liberté d’expression » ni la liberté de culte, qui ne sont que des droits accordés par les puissants en échange de notre obéissance. Nous voulons la liberté entière, totale et indivisible. Nous voulons blasphémer contre toute autorité et détruire tous les pouvoirs, qu’ils résident dans les livres sacrés ou aux frontispices des États.

« On nous promet les cieux Nom de Dieu
Pour toute récompense…
Tandis que ces messieurs Nom de Dieu
S’arrondissent la panse Sang Dieu
Nous crevons d’abstinence Nom de Dieu…
Si tu veux être heureux Nom de Dieu
Pends ton propriétaire…
Coupe les curés en deux Nom de Dieu
Fout les églises par terre Sang Dieu
Et l’bon dieu dans la merde Nom de Dieu… »
(La Chanson du Père Duchesne, 1892.)

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Brèves – février 2015

Contre le pouvoir…
Dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 novembre, l’air passe dans les permanence PS des Lilas et du XXème (rue de la Cour-des-Noues). La nuit du 30 novembre c’est au tour de celle du Pré-Saint-Gervais. Normal : leurs vitrines, plaques et digicodes ont été défoncées par quelques ennemis de l’État.

…Ses larbins et ses collabos !
Toujours début décembre c’est une voiture d’EDF-GDF (qui entre autres nous tue avec le nucléaire), qui part en fumée, à Belleville. Quelques jours après c’est le tour de trois véhicules de constructeurs et fournisseurs de prison (Vinci, Sodexo, Onet), entre Paris, Ivry, Kremlin-Bicêtre et Gentilly. En même temps, 5 distributeurs de billets et la vitrine d’une agence immobilière se prennent des coups de masse. Fin janvier, en pleine paranoïa Vigipirate, c’est le poste de police des Lilas qui perd ses vitres, tandis que pas loin, au Pré-Saint-Gervais, le DAB de la Poste s’enflamme et emporte avec lui la poste elle-même, fermée depuis !

Un totem de la sainte technologie incendié !
Une belle manière de festoyer : à Meilleray (Seine-et-Marne) le 31 décembre dans la soirée, le feu a été mis à un pylône SFR après que les auteurs aient forcé les entrées pour pénétrer sur le site. Toute l’installation a été détruite et les travaux de réparations sont estimés à au moins 3 semaines si ce n’est plus, tandis que les dégâts montent à 100 000€. Enfin une bonne année souhaitée avec des actes concrets, pas un vulgaire SMS.

Soirée cocktail pour la BAC
La nuit du 4 au 5 janvier à Saint-Denis (93), dans le quartier du Franc-Moisin, la voiture sérigraphiée du logo de la police avec laquelle circulait une patrouille de la BAC a reçu un cocktail Molotov, qui n’a malheureusement pas fait de dégâts. Malgré leurs recherches, les flics n’ont arrêté personne, mais ont trouvé quatre autres cocktails Molotov, six boules de pétanque et deux tubes de mortier dans les parages : dommage que la fête ait fini si vite, il y avait de quoi tenir !

C’est quoi la solidarité ?
Le 26 janvier, quatre flics ont entrepris de contrôler un jeune de 17 ans à la gare de Saint-Germain-en-Laye (78) mais, au moment de la palpation, ce dernier s’est rebellé et a retourné une violence plus ostensible à ces malotrus. Un deuxième jeune est arrivé et lui a prêté main forte, résultat : les quatre flics ont écopé de 3 à 5 jours d’ITT pour diverses blessures. Malheureusement, les deux insoumis ont fini en garde à vue pour outrage, rébellion et violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique. Mais tout de même, quelle belle solidarité !

Élu par le feu
Le matin du 20 décembre, un élu FN au conseil municipal de Chaumes-en-Brie (77) a retrouvé sa voiture calcinée par un feu. Une réponse appropriée aux idées nauséabondes qu’il défend, de surcroît par son travail de politicien impliqué dans la gestion de la commune.

Nouvel an illuminé
Cette année la nuit du nouvel an, 940 voitures ont été brûlées en France (d’après Manuel Valls), une belle fête, même si c’est moins que les années passées. Mais on dénombre aussi des centaines d’arrestations car la surveillance policière est massive le soir du réveillon, alors prenons garde !
Le même soir, quelques groupes de gens sont allés exprimer leur solidarité avec les prisonnier-e-s et autres déténu-e-s en criant des slogans hostiles à l’enfermement, en parlant avec les prisonnier-e-s aux fenêtres et en lançant des feux d’artifice, aux abords des prisons de Fresnes, Versailles, Bois d’Arcy et Nanterre, et du centre de rétention administrative de Vincennes.

Les bleus attirés dans un guet-apens
Le 22 janvier vers 22h dans le quartier du Chemin-de-l’Ile à Nanterre (92), une voiture est incendiée. À leur arrivée à la suite des pompiers, les flics se font copieusement insulter et reçoivent une bonne quantité de projectiles divers suivis d’une dizaine de cocktails Molotov. Dommage, aucun des flics n’est touché, et ces derniers réussissent, aidés de leurs flash-balls, à arrêter trois jeunes parmi le groupe d’assaillants pour les mettre en garde à vue. Une tentative audacieuse contre ces chiens de garde du pouvoir !

Plan Vigipoukave ?
Le plan vigipirate a au moins un avantage : c’est plus facile de foutre la pagaille chez les condés, pour leur faire peur et les occuper un moment. Le 26 janvier à Meudon (92), un homme a garé sa voiture juste devant le commissariat et, aux ordres des policiers de la sortir du périmètre de sécurité, a rétorqué qu’il s’en foutait et que sa voiture contenait « 500 kilos d’explosifs et des bonbonnes de gaz », ajoutant qu’il n’avait « pas une tête de Vigipirate ». Ni une ni deux, le commissariat a été évacué durant 1h15 le temps que les services de déminage n’inspectent la voiture après en avoir brisé une vitre pour constater que rien ne s’y trouvait !
Le lendemain à Vincennes (94), c’est un simple coup de téléphone qui a provoqué la même crainte au commissariat : quelqu’un a appelé et a dit qu’il allait tirer sur des policiers de la BAC et mettre des bombes sous les voitures des flics. Là aussi, le poulailler a été évacué tout de suite pour être inspecté.

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Vert-le-Petit, un joli petit village… pas comme les autres !

Vert-le-Petit est un joli petit village de l’Essonne, situé à 34 km à vol d’oiseau de Paris.
Inconnu de la majorité, il est pourtant un centre majeur de la recherche et de la production militaire. Pendant des dizaines d’années il y a eu l’usine du Bouchet, spécialisée dans le traitement de l’uranium et du combustible nucléaire usé. L’usine a fermé en 1971, les déchets sont encore là, sous terre, il suffit de gratter un peu. Mais militaires et savants aussi sont encore là. Il y a toujours deux sites de production d’explosifs (de l’ex Société nationale des poudres et des explosifs). Plus inquiétant encore, il y a le centre de la Direction Générale de l’Armement (DGA) qui s’occupe de la « défense et la protection contre les agressions de type nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC) ». Dans leurs laboratoires, les apprentis sorciers de l’armée jouent à la guerre avec des armes chimiques hyper puissantes, des bactéries « très pathogènes », « contre lesquels il n’existe encore aucun traitement connu » (c’est-à-dire qu’ils peuvent anéantir l’espèce humaine), des radiations comparables à celles d’une explosion atomique…

Ils étaient tous fiers lors de l’inauguration, en octobre 2013, du nouveau laboratoire de type P4 : il n’y en a qu’un seul autre en France, à Lyon, qui dépend de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Et pour cause : ça doit être bien hermétique, car on y tripote des virus sympa comme la variole, Ebola, la fièvre de Lassa, le Marburg, la fièvre Congo-Crimée, etc.

Ils nous racontent que c’est pour nous protéger des attaques des méchants… Qui ? Mais qui, en effet, est à l’origine des recherches et de la production d’armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, sinon les États et des abrutis en blouse blanche ? Créer des armes toujours plus puissantes, puis des défenses adaptées, puis d’autres armes… Voilà exactement ce que font les armées des États, voilà ce que font les savants en treillis de Vert-le-Petit.
Et bien sûr, lors de l’inauguration du laboratoire P4, le ministre de la défense a voulu préciser que ce secteur économique mortifère rapporte à l’industrie française un « chiffre d’affaires global de l’ordre de 500 millions d’euros, dont 40% réalisé à l’exportation. Le secteur emploie en France près de 1000 personnes ».

On l’a dit, Vert-le-Petit est à 35 km de Paris. Combien de temps faut-il pour que, en cas de fuite, le vent porte toutes ces saloperies Made in France jusqu’ici ? Et alors, on attend la brise ou bien on cherche ces docteurs Folamour (et leurs divers collabos) qui jouent avec nos vies ?

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Refusons la guerre entre pauvres !

Refusons de marcher au pas derrière le drapeau de l’énième Union nationale. Refusons de nous laisser enrégimenter dans le troupeau des bons citoyens en suivant de quelconques politiciens, refusons d’applaudir tout uniforme.
Refusons aussi de nous laisser enfermer ou de nous enfermer nous-mêmes dans les cages d’une quelconque religion, communauté ou nationalisme. Des cages qui peuvent être confortables car connues et « stables », dans un monde qui est une tempête constante. Des cages où chacun a sa place, où des traditions pourries et des rituels moribonds servent à maintenir sur ses chaises une hiérarchie sans scrupules. Des prêtres, des imams, des pasteurs, des rabbins qui sont autant d’imposteurs et d’oppresseurs – et leurs paradis futurs qui ne sont rien d’autre que d’ignobles mensonges pour nous arracher notre liberté, notre autonomie ici, dans ce monde, qui est bel et bien un enfer.
Ils ne sont et ne seront jamais des « nôtres », pas plus que n’importe quelle religion ou tradition. Pas plus que ce monde qui nous écrase. Aussi parce qu’il n’y a pas de « nous » auquel s’agripper dans cette tourmente. Le seul terrain commun que l’on peut trouver avec d’autres personnes, au sein de cette société, est celui de la misère commune, de la commune exploitation. Mais est-ce que cela suffit pour établir un lien fort ? Non : la compassion mène à la pitié ou au paternalisme, pas à la complicité entre des êtres différents qui se reconnaissent comme pairs. La complicité, exactement. Le seul « nous » possible, toujours provisoire, toujours à recréer, est le « nous » dans la révolte pour la liberté. Une révolte qui ne peut naître que du refus intérieur de chaque individu, qui commence par l’abandon de toute identité communautaire, toute stupide croyance religieuse, toute confiance en la démocratie, la légalité et les droits de l’homme.
Dans sa propre tentative de se libérer de toutes « racines » ou « origines », qui sont autant de chaînes, chacun peut trouver des complices en d’autres révoltés. Je ne suis pas français, ni arabe, ni chinois, ni musulman, ni black (quelque soit la couleur de ma peau), ni juif, ni bulgare, ni catholique. Par contre je suis entièrement moi-même, un individu unique, réel, sur lequel on a malheureusement collé des identités illusoires. Cela par l’éducation, le racisme (subi ou/et éprouvé), la propagande, le conformisme, la marginalisation ou une quelconque fierté nationale de merde. Qu’importent mes prétendues « racines » ? Qu’importent-elles face à mes rêves, à ce que je veux faire de ma vie, de moi-même ?
Dans ce monde, presque toujours, soit je me fais exploiter, soit j’exploite autrui ; souvent les deux au même temps. Et toutes les religions, tous les nationalismes, l’idéologie démocratique dans toutes ses nuances, ne sont rien d’autre que des outils pour mieux faire fonctionner la machine de l’exploitation. Bien petite est la différence entre eux : le dieu qui me dit de ne pas voler fait exactement le même travail que le juge – mais habituellement il le fait mieux.
Le seul but qui vaille la peine d’être atteint est ma liberté. Une liberté bien concrète, parce qu’unique, propre à chaque individu réel. Au delà des catégories artificielles qui nous enferment et nous séparent des autres, fabriquées par le pouvoir et parfois réappropriées par de soi-disant « anti-racistes », des politiciens qui n’ont jamais rien changé parce que leur discours est trop souvent un reflet symétrique de celui du pouvoir.

Le cheminement vers la liberté ne doit pas se perdre dans la jungle d’une guerre entre pauvres, chacun cachant sa soumission derrière les draps de « sa » religion ou « sa » nation. Refusons de croire, donc, refusons d’obéir, refusons toute morale, refusons de prendre parti dans cette guerre civile que les chefs de tout bord veulent.

Attaquons-nous à toute autorité, pour que la liberté l’emporte. Pour la révolution !

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Les keufs n’arrêtent pas leur sale boulot

Au métro Belleville, vers la fin novembre en milieu d’après-midi, on voit tout d’un coup débouler de nulle part un petit groupe de flics de la BST, matraques au poing et avec tout l’attirail de leur sale boulot. Ils se précipitent dans l’escalier du métro et ne tardent pas à mettre contre un mur leurs cibles du jour, des revendeurs de tickets de metro, pour un contrôle d’identité. Un employé de la RATP plutôt zélé, sûrement une balance, supervise la scène.

Si les revendeurs n’ont pas été embarqués ce coup-ci et ont du coup échappé à la garde-à-vue voire au CRA ou à la taule, ils ont quand même dû subir l’humiliation d’être mis à l’écart, fouillés et menacés pendant un peu moins d’une heure par cinq flics en uniforme. Les revendeurs en question essayent de gratter quelques thunes au dépend de la RATP pour survivre et les contrôles réguliers servent à les dissuader par la peur.

Ces sales condés s’en prennent sans arrêt de la même manière aux sans papiers, aux vendeurs à la sauvette, aux prostituées, etc. bref, à tous les pauvres indésirables qui vivent sur ces trottoirs et dans ces bouches de métro. Jusqu’à quand pourront-ils se comporter comme si les rues leur appartenaient ?

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Compte-rendu du procès contre deux compagon-ne-s arrêté-e-s lors d’une diff à Belleville

Le 14 janvier 2015 a eu lieu le procès des deux compagnon-ne-s arrêté-e-s le 27 octobre dernier à Belleville pendant une distribution du journal Lucioles n°19 : le motif de l’arrestation était celui d’« injure publique » liée aux propos du bulletin (plus précisément l’article « Maïs chaud et harcèlement de rue à Belleville » lisible ici), mais c’est le refus catégorique de donner leurs empreintes et photos qui est resté le seul chef d’inculpation de leur garde-à-vue de 24h suivie d’un déferrement au TGI de Paris. Une garde à vue où les compas n’ont pipé mot bien sûr.

Le procès, qui s’est déroulé sans leur présence, a tourné court puisque le dossier était « vide » (aucune déclaration des inculpé-e-s) et surtout, une bonne chose à savoir, on ne peut pas légalement être condamné pour un refus de signalétique s’il n’y a pas de poursuites pour le délit ayant motivé la prise d’empreintes/photos. Une procédure pour injure publique n’ayant même pas été entamée, juge et procureur étaient donc à l’unisson sur la seule issue possible : la relaxe.

Retenons cependant que les flics ont tout de même essayé de mettre la pression sur les compagnon-ne-s par une garde-à-vue pour une « simple » diff : un moyen pour eux de tenter de décourager ceux qui veulent disséminer la révolte contre la guerre aux pauvres dont ils sont les nervis dans le quartier, à côté de l’autre face de la gentrification : rénovation urbaine, galeries d’artistes, participation citoyenne etc.

Faisons fi des bâtons qu’ils tentent de mettre dans nos roues, continuons à diffuser la guerre sociale !

Quelques contributeur/trices de Lucioles

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Lucioles n°20 – décembre 2014

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Pour lire le bulletin texte par texte  : Numéro 20

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Yuan’é Hu

yuan'é hu

Nous sommes le jeudi 2 août 2012, comme presque chaque jour depuis son arrivée difficile sur le territoire français huit mois plus tôt, Yuan’é Hu est là, sur le pavé bellevillois. Comme plusieurs centaines d’autres chinoises d’une quarantaine d’années, elle a quitté sa vie, sa fille, sa famille et ses amis pour la grande traversée. L’Europe et ses promesses, la promesse d’un salaire « décent », de conditions de travail moins dures, d’une « liberté » mise en scène sur les rares médias occidentaux qui n’ont pas été filtrés par les autorités du Parti Communiste Chinois. Mais comme tant d’autres, Yuan’é Hu, à qui un passeur promettait un travail comme les autres et un salaire qui lui permettrait de renvoyer un peu d’argent au pays, et peut-être un jour des papiers, s’est bien faite avoir. C’est ainsi qu’elle finit sur le trottoir à vendre son corps dans des conditions de misère, à partager une chambre avec huit autres femmes à qui, comme elle, on a refusé toute dignité.

Peut-être que Yuan’é Hu était impressionnée par l’exhibitionnisme de certains de ses compatriotes, les quelques-uns qui flânent dans des 4×4 et des limousines le jour de leur mariage, qui ont eu les papiers et qui ne se soucient plus que d’eux-mêmes, la plupart du temps, en exploitant les moins chanceux d’entre eux. Peut-être Yuan’é Hu s’imaginait pouvoir bénéficier d’une solidarité de la communauté, elle n’en a reçu que du mépris, de la honte et de l’exclusion. Comme souvent. Comme on dit parfois, « le dernier rentré ferme la porte », et « chacun pour sa gueule ». À sa fille, qu’elle essayait de contacter tous les quinze jours, elle racontait travailler dans la confection, complétant ses journées par un travail occasionnel de nourrice, « que c’était dur et fatiguant, mais que tout allait bien »…

Évidemment, comme pour beaucoup de sans-papiers, exploités, mutilés par la misère, harcelés par les flics et privés de tout confort, Yuan’é Hu n’a pas vraiment eu le choix lorsque de misérables individus lui ont expliqué que pour rembourser ses passeurs elle devait tapiner, ou crever dans la terreur.

Nous sommes le jeudi 2 août 2012, comme presque chaque jour depuis son arrivée difficile sur le territoire français huit mois plus tôt, Yuan’é Hu est là, sur le pavé bellevillois. Elle attend sur le goudron brûlant du terre-plein de Belleville qu’un client se présente à elle et lui offre, en échange de sa dignité, quelques billets qui passeront directement de la poche du client à celle du proxénète. Celui-ci négocie, les prix ne lui conviennent pas. Dans ce monde, acheter un corps, c’est un peu comme acheter un tapis, ça se négocie. Yuan’é Hu transige, elle accepte. Elle emmène le client dans la sordide cage à poule qu’elle loue pour les passes. On ne la retrouvera pas avant le soir, dénudée, étranglée avec la sangle de son sac à main, des traces de violences à l’extérieur comme à l’intérieur de son corps. Yuan’é Hu est morte.

Morte de l’indifférence. Morte dans l’indifférence. Morte de la misère. Morte de la trahison. Morte de la confiance. Morte des frontières humaines. Morte de la violence des hommes.

La justice vient de condamner son meurtrier à 20 ans de prison, comme si celui-ci était le seul responsable de sa mort. Comme si c’était un « fait divers » isolé et déconnecté de tout contexte social, le fait d’un homme dont l’élimination réglerait le problème. Comme si cette même justice d’abattoir qui chaque jour enferme et expulse des centaines de personnes à la chaîne parce qu’elles ne possèdent pas le bon bout de papier n’avait rien à voir là-dedans (on se souviendra par exemple des prostituées chinoises sans-papiers enfermées en centre de rétention en décembre 2013 suite à un coup de filet dans le XIIIe ardt. justifié par la « lutte contre le proxénétisme » et des dizaines raflées ce même mois par les flics à Belleville). Comme si la terreur d’Etat, à travers ses juges et ses flics, ne portait pas la responsabilité des morts quotidiennes de prostituées sans-papiers, de migrants tirés à vue comme des lapins aux frontières de l’Espagne, coulés en masse sur des rafiots de misère au large de l’Italie ou échoués sur les barbelés de Grèce. Comme si les porcs en uniformes, qui jouent aux protecteurs de la veuve et de l’orphelin n’étaient pas responsables de la peur-panique permanente qui poussa Yuan’é Hu à vivre cachée des yeux des riches et des divers uniformes, à vivre comme une mort-vivante, clandestinement, indésirable. Yuan’é Hu pensait qu’elle devait tapiner ou crever dans la terreur, mais au final, ce fut les deux.

Aujourd’hui, nous avons envie de pleurer Yuan’é Hu et tous les autres, mais la tristesse n’a jamais fait tomber de murs, la rage et la révolte, elles, oui.

À Yuan’é Hu, à toutes celles et ceux que la misère tue en silence, que l’État tue sans même se salir les mains, que le capitalisme affame sans que personne n’ait à se sentir responsable.

À l’idée qu’un jour nous nous soulèverons, indésirables de ce monde, et vengerons les offenses des États, des flics, des patrons et des communautés.

Mort aux pouvoirs.

À télécharger sous forme d’affiche ici

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Brèves – décembre 2014

Et vlam, le poste de police ! La nuit du 17 au 18 novembre, un poste de police du XIème arrondissement (10 rue Camille Desmoulins) perd ses vitres, signe de la haine diffuse contre la vermine policière et le monde qu’elle protège. Dans le même temps, le pare-brise d’un camion de la mairie de Paris est aussi réduit en miette. Une pierre deux coups…

Et bim, le centre de recrutement ! La nuit du 26 au 27 octobre, les vitres du centre de recrutement de l’armée à Saint-Denis (93) volent en éclat. Un geste minimal de haine contre les assassins en treillis…

Et vrouf, le constructeur de taules (et la rénovation urbaine) ! Dans la nuit du 1er au 2 novembre, des bureaux et vestiaires d’un chantier dirigé par la société Outarex (filiale de SPIE-Batignolles, constructeur notoire de prisons) partent en fumée à Poissy (78). Le feu semble avoir été bouté volontairement.

Et crame, le bahut ! Le 10 novembre, les blocages de lycées en région parisienne prennent un tour plus chaud : les poubelles entassées devant plusieurs bahuts de Saint-Denis et Saint-Ouen (93) sont cramées, et les flammes commencent à lécher les façades des édifices républicains. A Saint-Denis, la même journée, une centaine de personnes (lycéens ou pas, on s’en fout!) déboule dans la ville, brisant vitres de commerces et de bagnoles, et tente de forcer quelques magasins.

Dans la gueule de ceux qui veulent canaliser la révolte Le 13 octobre, une manifestation contre la police composée majoritairement de lycéens part de Nation et déborde le service d’ordre de la FIDL (syndicat lycéen) pour aller emmerder une autre manifestation, elle composée de policiers et appelée par le syndicat Alliance. Bloqué de nouveau par des flics (en uniforme cette fois), le cortège change finalement de direction pour rejoindre la fac de Tolbiac. Tags, fumigènes, pétards et slogans s’enchaînent, les gros bras de la FIDL ainsi que des voitures de flics sont caillassés, la devanture des bureaux de la préfecture est aussi attaquée.

Et, pshiit, les collabos ! La nuit du 22 au 23 octobre à Paris, les pneus des véhicules de plusieurs collabos sont crevés : un utilitaire Challancin (qui fait sa thune avec le nettoyage dans les centres de rétention), une voiture SCNF (qui participe aux expulsions), 29 Vélibs (de l’enflure JC Decaux qui exploite les détenus), une voiture Orange (autre exploiteur de prisonniers), un utilitaire Vinci (qui construit des taules).

Et vlang les politiciens ! La porte vitrée de la permanence électorale de Nathalie Kosciusko-Morizet (au 17 rue Mouton-Duvernet, Paris XIVe) a fini en miettes la nuit du 13 au 14 octobre. NKM avoue que c’est même la troisième fois depuis septembre que sa permanence est visée par du vandalisme (des actes bien ciblés, donc) !

Et pour le maire… Le soir du 26 septembre à Villejuif (94), trois jeunes de 16 et 17 ans (malheureusement vite arrêtés) volent des ordinateurs et la sacoche du maire à l’intérieur de la mairie pendant le conseil municipal. Le maire dénonce des « actes inquiétants vis-à-vis de l’exécutif » depuis les élections municipales : en effet des véhicules municipaux et une poubelle ont déjà été brûlés.

Et (re-) bling pour les flics à Corbeil ! Déjà pris pour cible le 17 octobre dernier aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes (91), les schmits se font une nouvelle fois tomber dessus le 24 du même mois : trois flics à l’hosto suite à ce caillassage.

Et paf, la faf ! Le 27 octobre, alors que la sinistre Marine Le Pen revenait de ses courses dans un supermarché de La Celle-Saint-Cloud (78) (où la dite facho vient d’acheter une maison…) et pensait repartir tranquille, un groupe de jeunes, après s’être renseignés pour être sûrs qu’il s’agissait bien de la présidente du FN, bombarde sa voiture de pierres. À part le véhicule, il n’y a malheureusement pas eu de blessé-e parmi les occupants…

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À Saint-Denis aussi, ça bouge et ça flique

saint-denis

En réaction aux violences policières, le lundi 10 novembre, des élèves de plusieurs lycées de Saint-Denis décident de bloquer l’entrée de leurs bahuts. Après avoir mis le feu à des conteneurs et poubelles devant les portes de leurs lycées ils partent en manif sauvage dans le centre ville. Il y aura quelques attaques sur des vitrines de magasin sur le trajet, une incursion dans le Go Sport et une attaque contre un bus des expulseurs de la RATP. La station de métro Basilique sera fermée pendant plus d’une heure, et le tramway sera aussi stoppé. Pour gérer cette belle horde d’ados enragés, plus de 200 flics seront déployés, aidés d’un hélicoptère.

Dans une continuité répressive le jeudi 13 novembre les élèves du lycée pro ENNA se font charger par la police montée sur la Place du 8 mai, devant leur bahut. En parallèle 300 rroms se font expulser d’un hangar vide qu’ils occupaient depuis septembre.
D’un autre côté certains en profitent pour surfer sur la vague sécuritaire. Le même jeudi, 150 gardien-nes d’immeubles de Plaine Commune Habitat manifestent pour réclamer plus de sécurité ; une revendication qui va dans le sens des divers politicards locaux qui au dernier conseil municipal ont débattu sur la sécurité, en évoquant l’installation de nouvelles caméras et l’embauche de plus de 200 flics.
Comme si l’occupation policière des dernières semaines n’était pas suffisante. Car depuis le petit éclat surprise du 10 novembre il y a eu pendant plusieurs jours des CRS aux quatre coins de la Place du 8 mai et dans les rues Gabriel Péri et République, en mode ont tient la rue, des crottins de cheval qui parsèment le centre ville pour nous rappeler que les flics montés sont passés par là, et qu’ils n’hésiteront pas au besoin à charger de nouveau les lycéens (ou autres) un peu trop destructeurs à leur goût.

Zone de Sécurité Prioritaire, gentrification et nid de flics

Mais ne nous trompons pas, l’occupation policière à Saint-Denis ne date pas des éclats lycéens de ce mois de novembre. Depuis 2012, le centre ville de Saint-Denis est classé en Zone de Sécurité Prioritaire. Ce qui veut dire une omniprésence de flics (BAC, municipale, etc), une quarantaine de caméras installées, et d’autres à venir.
Et ces dernières semaines on a pu observer que la police municipale prend de plus en plus son aise pour emmerder les vendeurs ambulants, que ce soit sur le marché ou devant la gare, où ces sadiques en uniforme s’amusent à faire cavaler les vendeurs de maïs ou de cacahuètes qui ne veulent pas se faire voler leur seul moyen de survie.

C’est que Saint-Denis n’est pas n’importe quelle ville de banlieue. Des gens dans de beaux bureaux planifient un vaste projet de transformation de cette agglomération aux portes de Paris. On le voit avec le nouveau tramway qui va bientôt être inauguré, et avec la rénovation de certains quartiers, notamment autour de la gare et de la Plaine, sorte de nouveau quartier des affaires parisien.

Et ça n’est pas difficile de voir que le processus de gentrification est déjà en marche. On peut prendre pour exemple le TGP (le Théâtre Gérard Philippe) qui propose des navettes spéciales pour pouvoir rentrer sur Paris après les représentations… une astucieuse manière d’attirer les bobos parisiens dans la ville, d’habituer leurs narines à l’air ambiant.
Certes pour le moment ça n’est pas avec le nombre de bars PMU au mètre carré que le centre ville de Saint-Denis va se transformer en un brooklyn pour hipsters, mais on peut facilement imaginer le vent tourner rapidement comme on peut le voir dans des quartiers parisiens comme la Goutte d’Or ou Belleville, à coup d’augmentation des loyers, d’expulsions d’immeubles déclarés vétustes pour les besoins de la gentrification, de chasse aux pauvres et de réaménagement du territoire. En gros, une aseptisation de la ville, qui repoussera les pauvres toujours plus loin en banlieue.

Et cerise sur le gâteau (probablement pas sans lien avec le reste), en 2017, un nouveau commissariat ainsi que l’antenne francilienne de l’Institut national de la police scientifique (INPS), la crème des crèmes de la police en blouse blanche, vont s’installer à Saint-Denis. Au total, près de 500 policiers s’implanteront sur le site de l’ancienne Sécurité sociale, avenue Jean-Moulin, en plein centre ville.

Alors à Saint-Denis comme partout ailleurs, nique la police et la rénovation urbaine !

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SPIP : des matons sans uniforme

À la mi-novembre, une conseillère du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) a été agressée juste devant la taule de Villepinte. Alors qu’elle quittait son sale boulot, deux hommes l’ont rouée de coups et, avant de partir, ils lui ont dit de « faire passer le message ».
Mais qu’est-ce que le SPIP ? Ce service dépend de l’Administration Pénitentiaire (AP) et ses conseillers sont formés à l’École Nationale de l’AP d’Agen. Sur les bancs, ils coudoient les surveillants avec qui ils travailleront après, en prison. En effet, les conseillers du SPIP sont de vrais alter-ego des matons, le visage « gentil » de cette machine à broyer les personnes qu’est la prison. Et, tout comme les matons, ils sont indispensables à son bon fonctionnement.
Le but de l’État est d’enfermer toujours plus de monde (comme le montre bien le plan visant à construire 13000 places de plus en taule). Pour cela ils doivent garantir le calme dedans, avec les chantages sur la « bonne conduite », et aussi étendre la prison dehors, avec les « mesures alternatives ».
En taule, ce sont les conseillers du SPIP qui valident les projets de « réinsertion » des détenus. De ce fait, ils ont un grand pouvoir pour ce qui concerne l’acceptation ou pas, de la part du juge, des demandes de libération anticipée ou d’aménagement de peine. Dehors, leur fonction est « l’assistance et le contrôle » des personnes qui ont écopé de sanctions pénales alternatives à l’incarcération, comme la mise à l’épreuve, la liberté conditionnelle, le travail d’intérêt général et autres aménagements de peine (par exemple le placement sous surveillance électronique). Ce sont eux également qui signalent les personnes qui ne respectent pas leurs obligations « alternatives », en les envoyant au trou.
Le SPIP a donc un rôle central dans cette « individualisation de la peine » qui est à la base d’un système de prix et chantages liés aux « alternatives » à l’enfermement pur et simple. Un système qui casse la solidarité entre détenus et pousse chacun à intégrer l’idée que la peine est nécessaire et qu’on ne peut s’en sortir qu’en collaborant avec ses propres bourreaux.

Mais, comme chaque rouage de la machine infernale de la prison, le SPIP n’est pas une entité abstraite. Ses conseillers sont des personnes en chair et en os – et les os sont fragiles… Entendu, le message ?

SPIP Paris
12-14 rue Charles Fourier
75013 PARIS

SPIP Seine-Saint-Denis
29-31 rue Délizy
93500 PANTIN

Antenne CSL Gagny :
Centre de semi-liberté
38-42 avenue Aristide Briand
93220 Gagny

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Paris: Énièmes coups de pressions contre le bulletin Lucioles

L’après-midi du 27 octobre 2014, au métro Belleville, la BST débarque une fois de plus. Cette fois-ci, ils sont là pour nous, certainement après nous avoir repéré à travers leurs caméras pendant que nous diffusions le bulletin. Ils arrachent alors des exemplaires du n°19 accrochés aux grilles. Après avoir décortiqué le contenu du journal (oui, ils savent lire), ils décident de contrôler les deux premières personnes qui leur tombent sous la main. Les deux compagnons se font alors embarquer et seront placés en garde à vue au commissariat central du XIXe arrondissement, rue Erik Satie. Ils seront déférés après 24h et inculpés pour refus d’empreintes (une date de procès a été fixée pour janvier). Ils ressortent également avec une convocation pour « injure publique », se référant au contenu du bulletin, visiblement par rapport au court article « « Maïs chaud ! » et harcèlement de rue à Belleville ». Depuis quelques années, nous ne comptons plus les contrôles, les menaces, les convocations, vérifications d’identité, tentatives d’intimidation, les gardes à vues et les vols liés à la diffusion du bulletin dans le Nord-Est de Paris. Il s’agit de leur part, en toute logique et sans surprise, de mettre un frein à la diffusion des idées et pratiques anarchistes et révolutionnaires dans le quartier.

Nous sommes bien conscients de n’être qu’une petite épine dans le pied de ces sales flics (BST & compagnie) dont le véritable travail reste de mener la guerre aux indésirables (harcèlement des vendeurs de maïs et des prostituées, rafles de sans-papiers, etc.). En pissant là pour marquer leur territoire, ils cherchent à empêcher que les diverses formes de révoltes puissent se rencontrer. Empêcher la diffusion du bulletin est une petite partie de cette stratégie.

Ce communiqué n’a pas pour but de nous victimiser lorsque tant de gens vivent chaque jour une répression bien plus violente de la part des assassins en uniformes. Notre but est de sortir de la logique que l’ennemi cherche à faire prévaloir : une guéguerre privée entre eux et nous, de laquelle nous ne ressortirons jamais gagnants en raison de l’asymétrie des forces. Car nous nous foutons bien d’eux, et c’est avec les habitants du quartier avec qui nous partageons ce bulletin depuis plusieurs années que nous souhaitons dialoguer, en espérant partager bien plus que la belle mais banale haine du flic. Celles et ceux qui se mangent la même répression que nous, et qui se reconnaissent potentiellement en nous comme nous nous reconnaissons en eux et en elles. L’objectif principal de Lucioles étant de maintenir la continuité de la diffusion des idées anarchistes dans la rue, rien ne nous arrêtera. Et que cette petite feuille puisse être un instrument, parmi d’autres, dans les mains des exploités, tant que ce monde d’autorité ne sera pas détruit, continuera la guerre sociale en cours depuis toujours.

Tout continue, vive l’anarchie.

Quelques contributeur/ices de Lucioles.


Pour rappel, on pourra relire le texte Anarchistes vs. Police : nous ne voulons pas de leur guerre privée, publié en décembre 2013 dans Lucioles n°14. Ceux qui souhaitent participer aux diffusions du bulletin et leur montrer que nous ne baisserons pas les yeux face à la terreur d’État, peuvent nous contacter à l’adresse lucioles[at]riseup.net

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Lucioles n°19 – octobre 2014

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Jusqu’à quand ?

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Le 29 juillet Dorel Iosif Floarea est tué par balles par un flic à Montgeron (Essonne). Il était peut-être ivre (et alors ?). Il était surtout pauvre, un étranger pauvre : voilà la raison de son assassinat.
Le 21 août, Abdelhak Goradia meurt de « mort naturelle » dans la voiture dans laquelle les flics l’ont embarqué, ligoté et menotté, avec un casque sur la tête. Oui, quand les keufs étranglent quelqu’un, il s’agit de « mort naturelle ». Après la taule pour des fraudes (un moyen comme un autre pour survivre) c’était l’avion qui attendait Abdelhak ; direction l’Algérie, toute sa vie laissée ici, pas de retour. Il s’est opposé à l’expulsion, c’est pour cela que les flics l’ont assassiné. Il était pauvre, un étranger pauvre et il a essayé de ne pas se laisser faire : voilà la raison de sa mort.
En moyenne, tous les trois jours, une personne « se suicide » en prison, une autre meurt de « mort naturelle ». Ils ne passent même plus aux infos. Des hommes et des femmes morts de violence, de misère affective, d’abandon, de pauvreté. Morts de la prison.

Les flics assassinent. Les frontières assassinent. La justice assassine. La prison assassine. L’État, dans tous ses ramifications, assassine.

Parfois ça fait un petit peu de bruit, ça scandalise les belles âmes de gauche, le temps d’un JT. Parfois une opération policière un peu plus médiatisée réveille un petit peu les esprits. Il y en a qui crient au scandale, en appellent à la même idéologie sur laquelle ce monde se base : la démocratie des droits de l’homme. Il y en a qui dénoncent les bavures policières et demandent justice (pour sûr…). Il y en a qui dénoncent la montée du fascisme. Il y en a qui appellent à la résistance, comme s’il y avait quelque chose à défendre, dans ce monde.
Mais le problème ce n’est pas la lepénisation de je-ne-sais-quoi, ce n’est pas la bavure, l’exception. Le problème c’est la normalité, cette normalité qui s’appelle démocratie, qui s’appelle république, qui s’appelle libre marché. Une normalité faite de hiérarchie, d’oppression, d’exploitation, de résignation, de mort lente de l’esprit, d’un certain nombre (petit ou grand, mais toujours normal) d’assassinats étatiques.

Les flics, juges et matons tabassent, mutilent, humilient, enferment tous les jours, dans les rues, les tribunaux, les taules, partout. Les patrons, proprios et chefs nous exploitent, nous empêchent de vivre, tous les jours. Les prêtres de tous bords, les politiciens, les maîtres à penser nous dealent des illusions pour nous pousser à l’obéissance et à la résignation. Et ça parait « normal ».
Dans cette morne normalité il y en a, parmi les pauvres, qui sont de trop par leur existence même. Il y en a d’autres qui, par choix ou par erreur, font des pas de travers. La police est la main qui vient frapper les têtes qui ne se baissent pas. La prison est le destin promis aux pauvres qui n’acceptent pas la soumission. Voilà tout.

Jusqu’à quand ?
La réponse à cette question est assez simple, mais d’autant plus dure. Tant qu’on croira à des fantômes tels les droits et la démocratie. Tant qu’on continuera d’obéir. Tant qu’on ne décidera pas de prendre nos vies en main. Tant qu’on se contentera de regarder ailleurs pour ne pas courir de risques. Tant qu’on ne ripostera pas. Tant qu’on ne trouvera pas le courage de commencer à mettre à bas ce monde d’oppression et d’exploitation.
Tant qu’on continuera à penser qu’on ne peut rien faire.

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Brèves – octobre 2014

Trois fois feu ! Début d’automne brûlant pour les collabos : le 26 août le feu est bouté à trois utilitaires et un camion de la mairie de Paris rue Pétion (11e) ; le 11 septembre, c’est au tour de Vinci (constructeur et gestionnaire de prisons et centres de rétention) d’avoir le feu aux fesses : une de ses camionnettes s’enflamme rue Haxo (19e) ; enfin le 17 septembre, une voiture d’Eiffage (autre constructeur de taules), stationnée quai de la Garonne (19e) est cramée. Feu, feu, feu aux prisons !

Ni flics ni éducation ni médiation culturelle – De la suite dans les idées contre la domestication et le contrôle dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (91). La nuit du 5 au 6 octobre, ce sont deux voitures-bélier incendiées qui sont propulsées, l’une contre une école, l’autre contre une médiathèque. Suite aux incendies, les deux infrastructures de l’État doivent fermer. Rebelote la nuit du 19 au 20, même cible et même méthode, contre un autre groupe scolaire. Entre-temps, le 17, toujours aux Tarterêts, une équipe de la BAC bloquée dans une impasse se fait tomber dessus par une vingtaine de personnes qui les caillassent ardemment : véhicule défoncé, trois flics blessés.

Les élus sur le gril ! Le 14 septembre, la voiture du maire de Vigneux-sur-Seine (91) est visée par un incendie volontaire. C’est pas la première fois que les gestionnaires de la ville sont dans le viseur : en 2012 et 2013 déjà, des bagnoles d’élus du conseil municipal avaient été la proie de flammes judicieuses.

Du feu pour les flics – Le bon geste au bon moment : début septembre à Poissy (78), alors que les flics municipaux ont garé leur voiture pour patrouiller à pied, ils doivent revenir en courant, constatant que le véhicule a été mis à feu. Poulets ralentis, désordre garanti ! Toujours début septembre, c’est à Villepinte (93) qu’un flic municipal repart à pied, après que sa voiture personnelle ait été cramée… pendant qu’il était en patrouille.

Des balles pour les yeux de l’État – Le 18 septembre à Compiègne (Oise), une balle atteint une caméra de surveillance à proximité d’un centre commercial. En plein dans le mille ! Quelques jours plus tôt dans la même ville, une autre caméra avait été purement et simplement dérobée.

Des gifles pour le préfet – Début septembre, le préfet de police de Paris, accompagné du directeur de la sécurité publique et de leur chauffeur, veulent jouer les cow-boys sur la butte Montmartre (18e) contre des vendeurs de bracelets. Mais les chefs de la maison Poulaga doivent sonner la retraite sous une pluie de coups de pieds, de poings et de gifles. Et pourquoi ne pas tresser des bracelets… autour du cou de ces messieurs ?

Des flammes pour les ordures – Le 11 septembre, cinq camions-bennes de Véolia (spécialisé entre autres crapuleries dans le démantèlement de centrales nucléaires) sont réduits en cendres à Sept-Sorts (77). L’incendie est clairement volontaire et les dégâts sont estimés à plus d’un million d’euros.

Des guet-apens pour les condés – Appelés au soir du 17 septembre pour une voiture en feu dans le secteur de la porte d’Italie (13e) ce sont d’abord les pompiers qui sont reçus à coup de projectiles divers. Les flics accourent ensuite dans le secteur de la porte d’Italie (13e). Aussitôt arrivés, aussitôt accueillis, et la bleusaille doit se retirer. Peut-être une vengeance pour un jeune blessé quelques jours plus tôt dans une course-poursuite.

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Aliam vitam, alio mores* : du 13 au 26 octobre, grande opération policière contre les sans-papiers

 Pour les deux semaines du 13 au 26 octobre, l’Union Européenne a lancé une opération policière de grande envergure appelée « Mos maiorum »** visant à lutter contre l’immigration clandestine, mobilisant 18 000 policiers et se traduisant par des contrôles d’identité accrus dirigés vers les personnes sans papiers. Le but est de réaliser une collecte massive d’informations pour mieux connaître la façon dont les sans-papiers sont arrivés là afin de mieux leur barrer la route à l’avenir en ciblant mieux les points de passages à surveiller et en démantelant les réseaux de passeurs. Pour amasser ces informations, la consigne est d’arrêter le plus possible de sans-papiers et de les interroger (âge, sexe, nationalité, date et lieu d’entrée dans l’UE, trajet et moyen de transport, prix payé, destination, éventuels faux papiers, démarches de droit d’asile…).

Tout cela n’est pas une nouveauté, car même si elles risquent d’être plus nombreuses durant cette période, les rafles et les expulsions font rage dans toute l’Europe contre ceux dont les puissants ne veulent pas ou plus. En parallèle à l’effacement relatif des frontières entre les pays de l’UE, les frontières extérieures de l’Europe se ferment de plus en plus violemment à tous ceux qui espèrent trouver ici une vie plus facile et moins dangereuse qu’ailleurs, rejoindre des proches ou fuir une situation jugée invivable.
Mais dans tous les pays (« développés » ou non ), c’est le même système de domination qui pourrit les rapports et les conditions de vie : le capitalisme et l’exploitation économique assignent chacun à un niveau de l’échelle sociale, et plus tu es pauvre, plus ils veillent à ce que tu restes à ta place, à trimer et te laisser humilier, par le patron, le contrôleur, le client, le flic, le juge, le prof…
Les politiques migratoires, en en laissant entrer certains et pas d’autres selon des critères de rentabilité économique, tentent de maîtriser les flux migratoires mais surtout de faire peur à tous par les contrôles, les expulsions ou les séjours en Centres de Rétention pour que la part de sans-papiers tolérés en Europe se tiennent à carreaux, et acculés dans la clandestinité acceptent n’importe quel travail sous-payé sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit. Les frontières et les absurdes identités préfabriquées qui vont avec, les nationalités, sont pour les puissants un outil pour se partager le bétail humain à gouverner, trier les indésirables, diviser les exploités et leur faire accepter des conditions de misère.

Avec cette nouvelle opération, qui a visiblement un but médiatique (faire voir aux bons citoyens que la police travaille et que les États protègent la civilisation des barbares…), la politique européenne anti-immigration va peut-être se renforcer encore, mais pas changer de fond.
Qu’est ce qui peut faire changer la donne ? Nous, les exploités, avec ou sans papiers. Parce que la chasse aux immigrés clandestins est une partie de la guerre que le pouvoir mène tous les jours contre tous les pauvres, les indésirables. Une guerre à laquelle trop souvent on ne riposte pas.
Mais on pourrait s’opposer aux rafles de sans-papiers dans la rue, ou décider de s’en prendre aux institutions, aux entreprises, aux personnes qui rendent possibles l’enfermement et les expulsions. La liste est longue : balances (RATP, banques, bureaux publics), transports utilisés pour les expulsions (SNCF, Air France), constructeurs de centres de rétention (Bouygues, Vinci, Eiffage), associations qui y travaillent et donc les cautionnent (Croix Rouge, Ordre de Malte, Cimade, France Terre d’Asile)…

Pourquoi ne pas partir à l’attaque de tous ceux qui, politiciens, patrons, flics, exploiteurs de toute sorte, font de nos vies un perpétuel esclavage, qu’on ait ou pas leurs papiers ?

À bas toutes les frontières et les nations ! Contre les politiciens, flics et collabos qui les font exister, passons à l’attaque !

* Aliam vitam, alio mores : « Autre vie, autres mœurs »
** Mos maiorum : « Mœurs de nos anciens »

[Tract trouvé dans les rues de Paris, octobre 2014.]

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SPIE : Portrait d’un collabo tout-terrain

[Avertissement : une erreur s’est glissée dans la version papier du bulletin. SPIE-Batignolles, également constructeur de prisons, n’est plus une filiale de SPIE, le texte ci-dessous a été corrigé.]

SPIE (Société parisienne pour l’industrie électrique) est une société spécialisée dans les « domaines du génie électrique, mécanique et climatique, de l’énergie, et des réseaux de communication ». En 2012 elle a fait un chiffre d’affaire de près de 4,2 milliards d’euros. On retrouve ses nombreuses filiales dans les chantiers et usines qui sont bien à l’image de ce que ce monde de merde peut produire : plate-formes offshore, construction de taules, centres commerciaux, raffineries, lignes de haute tension, centrales photovoltaïques, installation de la fibre optique, centrales nucléaires, et même à l’étranger : Maroc, Pays Bas, Belgique, Gabon, Indonésie, etc …

On peut citer trois de ses filiales, parmi les nombreuses existantes : SPIE Communications, spécialisée dans les domaines de l’informatique, des télécommunications, des réseaux et des systèmes de sécurité. SPIE Oil & Gas Services, spécialisée dans le domaine de l’industrie pétrolière. SPIE Nucléaire, spécialisée dans le nucléaire.
Dorénavant, l’entreprise profite également du juteux business de l’enfermement. SPIE a participé à la réalisation de la prison de Leuze, en Belgique (inaugurée en août dernier).
Outre la distribution électrique, l’éclairage et la détection incendie, la partie sécurité constitue l’un des aspects majeurs de ses prestations. Caméras, interphones, ouverture et fermeture des portes et, plus largement, gestion des accès aux bâtiments, ou comment contribuer à l’emprisonnement par les technologies. Mais comme cette entreprise mène une politique d’économie verte responsable et consciente des enjeux environnementaux et des risques climatiques, SPIE fait de Leuze une prison écolo. Les prisonniers enfermés là-bas seront contents de savoir qu’elle a installé un système de récupération des eaux de pluie pour les toilettes et des pompes à chaleur pour le chauffage.
Pour continuer de dresser le portrait de cette entreprise pourrie on peut citer le Morocco Mall de Casablanca (un gigantesque centre commercial, où SPIE a fait l’installation électrique, et bien sûr des caméras), la traversée du lac Léman en fibre optique, l’EPR de Flamanville (en collaboration avec EDF), le Mucem de Marseille, etc. Et le groupe se targue même de continuer de valoriser les énergies fossiles en apportant son soutien aux mafieux pétroliers et gaziers dans leurs projets d’exploration et d’exploitation.
Membre de l’association AN2V (Association Nationale des Villes Vidéo-surveillées), SPIE a installé des caméras dans plusieurs villes, comme Annecy, Le Havre, Belfort ou Argenteuil. Au-delà des villes, SPIE est aussi responsable des caméras dans les gares de péage sur l’autoroute, et ses compétences en flicage s’étendent aussi à la mise en service de radars automatiques. Et c’est en partenariat avec Thalès que Revolux, filiale de SPIE, a installé 1000 caméras pour la mairie de Paris.
On retrouve cette même entreprise dans des centrales thermiques, des abattoirs, des parcs éoliens, chez Total, Sanofi, etc .

SPIE participe à notre contrôle et à notre enfermement, à produire des énergies toujours plus néfastes, et à créer des lieux d’abrutissement et de consommation.
En bref, SPIE contribue largement à rendre ce monde chaque jour plus moche et nos vies chaque fois plus insupportables. Et il semblerait que cette entreprise ne fasse pas l’unanimité chez tout le monde. Pour preuve, à Paris, dans la nuit du 11 au 12 février 2014, dans la rue Carducci (XIXe), un utilitaire de l’entreprise SPIE part complètement en fumée, et le mardi 13 mai 2014, un autre utilitaire est incendié rue de Mouzaïa (dans le XIXe). Dans les deux cas les attaques sont revendiquées par refus du contrôle social auquel SPIE participe par la mise en place de caméras, et aussi pour sa participation à l’industrie nucléaire.

Ne les laissons plus pourrir nos vies tranquillement.

Leurs bureaux en île de France :

SPIE Île-de-France Nord-Ouest – Siège Social
1-3, place de la Berline
93287 SAINT-DENIS

Spie Ile de France Nord Ouest
Impasse Saint-Eustache
75001 Paris

Spie Ile de France Nord Ouest
33 Avenue du Maine
75015 Paris

Spie Ile de France Nord Ouest
62 Rue de Lille
75007 Paris

Spie Ile De France Nord Ouest
93 Rue Marceau
93100 Montreuil

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« Maïs chaud ! » et harcèlement de rue à Belleville

La police est là pour faire la guerre aux pauvres, on le sait. Mais on dirait que le harcèlement des vendeurs de maïs est devenu la spécialité de la BST de Belleville, ces flics « spécialisés de terrain », forts de leur formation « IQD (Intervention en quartier difficile) ». Ces gorilles en bleu, avec leurs gilets tactiques, leurs flashball : le chef aux airs de roquet nerveux, le nabot à la barbichette, le nigaud aux lunettes de sniper, on dirait qu’ils se croient dans un film américain…
En ce début d’automne, moisson du maïs oblige, la BST a déclaré une vraie guerre au crime, une lutte sans relâche. Ils arrivent et ils embarquent les chariots où les vendeurs tiennent leurs petites réserves de maïs et de charbon… afin de faire triompher la civilisation et les droits de l’homme et du citoyen contre ces cruels trafiquants de maïs.
Pour finir, évidemment satisfaits de leurs exploits, les bleus narguent les personnes auxquelles ils enlèvent ces modestes moyens de survie. Cela malgré l’hostilité qui peu à peu s’amasse avec défiance autour du manège des chasseurs de pauvres. « On se reverra demain » dit un BST à un vendeur de maïs, fin août. Mais celui-ci n’est pas apeuré et rétorque fièrement : « Non, pas demain, je serai ici cet après-midi ». Puis il ajoute : « C’était bon les 50 kilos de coke que vous vous êtes tirés ? Ceux qui sont disparu du 36 Quai des Orfèvres ? ». En effet, cela pourrait partiellement expliquer la bougeotte des bleus… qui, cette fois-ci, s’en vont la queue entre les jambes !

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Lucioles n°18 – août 2014

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Cassons la spirale identitaire !

L’agression militaire à Gaza et plus largement le colonialisme israélien en Palestine sont inacceptables. Mais attention à ne pas tomber dans la simplification et les dérives communautaires.
La plupart des habitants d’Israël ne soutiennent pas les choix de « leur » gouvernement. Comme dans n’importe quel pays en fait. Nombreux sont ceux qui refusent de servir dans l’armée (et pour cela ils mangent cher). La plupart des habitants de la bande de Gaza (ou de la Cisjordanie) sont loin d’être des intégristes qui soutiennent le terrorisme du Hamas en lisant Mein Kampf. Et le longtemps rêvé gouvernement indépendant palestinien, celui de Mahmoud Abbas comme de n’importe qui d’autre, se révèle être ce que tous les gouvernements sont : exploitation, police, prisons.
La plupart des « juifs » de France n’en ont rien à cirer d’Israël et la plupart des « musulmans » de France ne sont pas du tout antisémites. Toutes les personnes qui croient en un dieu ou autres mythes de ce genre (souvent juste parce qu’éduquées à croire en ces vides superstitions) ne sont pas des fondamentalistes aveugles.
Cependant, il y a aussi des énergumènes qui portent et propagent des vieux relents racistes, parfois adoubés de vieux oripeaux religieux. Et à voir les attaques et actes antisémites à Aulnay, Paris, Sarcelles, Valenton, à voir la répression policière de la manif’ de Barbes du 19 juillet, à en croire l’alarmisme créé par médias et politiciens, on se croirait au début de la spirale d’une guerre civile. Mais au fait, le racisme, la peur, les fondamentalismes religieux, la guerre entre pauvres, ça sert les intérêts de qui ?

Il y a partout des gens qui s’en fichent des identités qu’on leur a collé dessus, et d’autres qui les acceptent juste parce qu’ils les voient comme « naturelles », sans se poser la question. Ces identités communautaires (religieuses, nationales, ethniques) ne sont, en effet, rien d’autre que des cases dans lesquelles on veut nous faire entrer pour nous faire obéir. Pour mieux nous contrôler, nous exploiter, nous isoler des autres exploités, voire parfois nous faire nous entre-tuer. Le communautarisme et son frère jumeau, le racisme, sont de bons instruments dans les mains de l’autorité. Et ça marche : ils entraînent sur la pente dégueulasse de la guerre entre pauvres.
L’identification avec une catégorie définie par le pouvoir peut être faite par soi-même (« fier d’être … ») ou par les autres (« sale … »). Et souvent le fait que quelqu’un soit attaqué car identifié selon une identité supposée fait qu’il se réapproprie cette même identité et la retourne en malsaine fierté (et haine envers les autres, comme le montre bien l’exemple des abrutis de la LDJ). Il y a là une spirale qui ne fait qu’enraciner encore plus le sentiment d’appartenance communautaire et les sales dynamiques qui vont avec. En effet le communautarisme est très souvent accompagné de la peur et de la haine envers ceux qui sont supposés (ou qui se disent) appartenir à d’autres communautés. Ce processus ne fait que renforcer l’identification des personnes selon des lignes d’appartenance que nous n’avons pas choisies, mais qui nous ont été imposées (par l’éducation, le racisme subi, des mobiles psychologiques de « recherche de force »… ). Il ne fait que nous enfermer encore plus dans nos cages.
Ne nous cachons pas, pourtant, derrière le doigt des bonnes intentions. La radicalisation religieuse, et notamment le fondamentalisme islamique de certaines couches des classes populaires, en France, est un problème. Il ne s’agit pas de « liberté » religieuse. Il s’agit d’une autorité, une encore, qui veut en perspective s’imposer à tous. Le flagrant racisme anti-« arabe » d’une partie de la société ne doit pas cacher le développement du fondamentalisme islamique, ni excuser d’autres formes de racisme, comme l’antisémitisme. Et c’est aussi à une partie de l’extrême-gauche d’arrêter de flirter avec des dérives intégristes et antisémites, en espérant récupérer de la visibilité politique.

Arrêtons d’écouter les sirènes religieuses, nationales et communautaires. Qu’on brûle les drapeaux, mais tous. Ceux des agresseurs et aussi ceux « des victimes ». Parce que c’est aussi à cause des drapeaux, du nationalisme, de la religion, qu’il y a des agresseurs et des victimes – et les dominants de n’importe quel côté ne sont jamais parmi ces victimes.

Il faut savoir faire la différence, voir qui sont nos vrais ennemis. Et les vrais ennemis des exploités sont les exploiteurs. Ces derniers justifient aussi leur autorité par la religion, les différentes religions. Les dominants, eux, reconnaissent très bien leurs ennemis. Ce sont les pauvres, tous les pauvres, peu importe s’ils mettent des rosaires, se coiffent de kippas, ou portent des qamis.
Les chefs communautaires, ceux-la mêmes qui, indirectement, montent leurs « fidèles » respectifs les uns contre les autres, se serrent la main, donnent des interviews ensembles quand les choses vont trop loin et menacent leurs intérêts. Et le premier de leurs intérêts, à eux tous, au delà de la petite concurrence sur le partage des secteurs de pouvoir et des parties de la population, est le maintien d’une distinction nette entre une élite qui détient le pouvoir (eux, quelle que soit leur « appartenance ») et des larges masses qui, comme des troupeaux, sont censées suivre leurs bergers respectifs. Et nous on serait vraiment assez cons pour croire à ces fausses identités construites exprès pour nous maintenir soumis ?

Qu’on m’ait enseigné, dans mon enfance, à m’agenouiller le dimanche, le samedi ou le vendredi (et à bosser et obéir les autres jours), c’est bien ça mon problème. Mes ennemis ne sont pas ceux qui ont été éduqués à s’agenouiller un autre jour, mais ceux qui veulent que moi et les autres on continue d’obéir. Les autres personnes qui sont censées rester à genoux sont probablement dans la même situation et ils pourraient devenir mes alliés pour la libération de chacun de nous. Qu’on se mette, enfin, debout. Et on verra clairement que nos ennemis ne sont pas les autres exploités, mais ceux qui veulent nous garder à genoux.

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Brèves – août 2014

Contre les expulseurs et les exploiteurs… En réponse à l’arrestation d’une dizaine d’anarchistes en Italie, le dimanche 8 juin, 8 distributeurs de banque ont été sabotés à la mousse expansive ou au marteau et deux agences immobilières ont perdu leur vitres, au Pré-Saint-Gervais et à Pantin (93).

… et contre les engrenages de la société carcérale Les 13 et 18 mai, deux véhicules de ONET Sécurité et de SPIE (participant à l’industrie nucléaire et du contrôle, entre autres avec les caméras de Paris) crament à Paris XIXe et Montreuil. Le 24 juin c’est le tour d’un camion de Bouygues, constructeur (et gestionnaire) de taules et centres de rétention, de partir en fumée à Pantin (93).

À pieds c’est encore plus écolo ! Fin mai, 27 bus de l’entreprise Keolis, qui d’habitude trimbalent riches et touristes depuis l’aéroport de Roissy jusqu’aux hôtels et vice versa, nous ont quittés… Il ne reste plus que des épaves calcinées, dans le dépôt du Mesnil-Amelot (tiens, juste à côté de la taule pour sans-papiers – est-ce que ces mêmes bus ont aussi emmené des personnes vers l’expulsion ?). Aux Lilas ce sont trois Autolib’ qui partent en fumée et à Paris 453 Velib’ ont eu leurs pneus crevés (pareil pour 8 véhicules de la Mairie). À pieds, les bobos ! C’est encore plus écolo ! Et quelques pertes pour les entreprises qui, comme JCDecaux, exploitent les détenus.

Change de taf ! Jeudi 4 juin vers 18h20, un gardien de la prison d’Osny est reconnu dans les rues de Cergy (Val d’Oise) par six individus qui le frappent au visage et caillassent sa voiture avant de s’enfuir. Une juste rétribution pour son travail !

Amour et Molotov au tribunal – Vendredi 27 juin avant le lever du jour, une poubelle en feu et un cocktail Molotov sont jetés sur le tribunal de grande instance de Créteil, au niveau de la porte métallique servant lors des transferts de détenus. Probablement une déclaration d’amour à la libérté !

D’un feu deux coups, l’urne et l’école – Le 25 mai ont eu lieu les élections européennes où l’école Roland-Dorgeles située à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a servi, comme bien d’autres lieux d’encasernement des enfants, de bureau de vote. Mais la nuit suivante, une tentative d’incendie du bâtiment a eu lieu au premier étage, l(es) incendiaire(s) ayant au préalable forcé une issue de secours pour s’introduire dans ce triste établissement.

ACAB – Personne n’aime les flics et parfois certains le démontrent de façon « chaleureuse ». Ainsi, fin mai, quelques intrépides caillassent la BAC qui est en train d’effectuer un contrôle routier à Athis-Mons (91). Ils tiennent bon aussi face aux renforts des bleus, mais au final trois personnes sont interpellées. Mauvaise soirée aussi pour un équipage de bleus qui s’est aventuré aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes et qui a fini à l’hosto. Toujours en cette fin de printemps les keufs s’en sont sortis avec bien de la peine des multiples guets-apens qui ont émaillé le quartier de l’Oly, à Montgeron (91).
À Gennevilliers (92) dans le quartier du Luth, un jeune de 15 ans est arrêté en train d’essayer d’incendier deux pelles mécaniques sur un chantier (les flics l’auraient repéré grâce à des caméras de surveillance). Peu après sa sortie de garde à vue le vendredi 23 mai, il est de nouveau arrêté en train de caillasser des flics avec un ami. C’est apparemment en réponse à ces arrestations que quelques personnes auraient tiré au mortier sur le commissariat dans la soirée. Face aux flics, pas d’attaque sans réponse !

C’est le 14 juillet, vise les poulets ! Pour la fête du 14 juillet, des tirs de mortier ont pris pour cible le commissariat du XIIe à Paris, ainsi que celui de Choisy (94). À Argenteuil, les réjouissances ont duré trois nuits, avec feux de poubelles, pétards, tirs de mortier et jets de pierres contre la flicaille, dans le Val d’Argent et d’autres quartiers. À Villeneuve-la-Garenne c’est un feu de palettes qui attire les bleus, de même qu’un feu de poubelles à Villiers-sur-Marne… et vlam ! Dans leurs gueules ! Une vingtaine de voitures sont cramées dans l’Essonne, tandis qu’à Gennevillers c’est une école qui s’embrase…

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