Refusons la guerre entre pauvres !

Refusons de marcher au pas derrière le drapeau de l’énième Union nationale. Refusons de nous laisser enrégimenter dans le troupeau des bons citoyens en suivant de quelconques politiciens, refusons d’applaudir tout uniforme.
Refusons aussi de nous laisser enfermer ou de nous enfermer nous-mêmes dans les cages d’une quelconque religion, communauté ou nationalisme. Des cages qui peuvent être confortables car connues et « stables », dans un monde qui est une tempête constante. Des cages où chacun a sa place, où des traditions pourries et des rituels moribonds servent à maintenir sur ses chaises une hiérarchie sans scrupules. Des prêtres, des imams, des pasteurs, des rabbins qui sont autant d’imposteurs et d’oppresseurs – et leurs paradis futurs qui ne sont rien d’autre que d’ignobles mensonges pour nous arracher notre liberté, notre autonomie ici, dans ce monde, qui est bel et bien un enfer.
Ils ne sont et ne seront jamais des « nôtres », pas plus que n’importe quelle religion ou tradition. Pas plus que ce monde qui nous écrase. Aussi parce qu’il n’y a pas de « nous » auquel s’agripper dans cette tourmente. Le seul terrain commun que l’on peut trouver avec d’autres personnes, au sein de cette société, est celui de la misère commune, de la commune exploitation. Mais est-ce que cela suffit pour établir un lien fort ? Non : la compassion mène à la pitié ou au paternalisme, pas à la complicité entre des êtres différents qui se reconnaissent comme pairs. La complicité, exactement. Le seul « nous » possible, toujours provisoire, toujours à recréer, est le « nous » dans la révolte pour la liberté. Une révolte qui ne peut naître que du refus intérieur de chaque individu, qui commence par l’abandon de toute identité communautaire, toute stupide croyance religieuse, toute confiance en la démocratie, la légalité et les droits de l’homme.
Dans sa propre tentative de se libérer de toutes « racines » ou « origines », qui sont autant de chaînes, chacun peut trouver des complices en d’autres révoltés. Je ne suis pas français, ni arabe, ni chinois, ni musulman, ni black (quelque soit la couleur de ma peau), ni juif, ni bulgare, ni catholique. Par contre je suis entièrement moi-même, un individu unique, réel, sur lequel on a malheureusement collé des identités illusoires. Cela par l’éducation, le racisme (subi ou/et éprouvé), la propagande, le conformisme, la marginalisation ou une quelconque fierté nationale de merde. Qu’importent mes prétendues « racines » ? Qu’importent-elles face à mes rêves, à ce que je veux faire de ma vie, de moi-même ?
Dans ce monde, presque toujours, soit je me fais exploiter, soit j’exploite autrui ; souvent les deux au même temps. Et toutes les religions, tous les nationalismes, l’idéologie démocratique dans toutes ses nuances, ne sont rien d’autre que des outils pour mieux faire fonctionner la machine de l’exploitation. Bien petite est la différence entre eux : le dieu qui me dit de ne pas voler fait exactement le même travail que le juge – mais habituellement il le fait mieux.
Le seul but qui vaille la peine d’être atteint est ma liberté. Une liberté bien concrète, parce qu’unique, propre à chaque individu réel. Au delà des catégories artificielles qui nous enferment et nous séparent des autres, fabriquées par le pouvoir et parfois réappropriées par de soi-disant « anti-racistes », des politiciens qui n’ont jamais rien changé parce que leur discours est trop souvent un reflet symétrique de celui du pouvoir.

Le cheminement vers la liberté ne doit pas se perdre dans la jungle d’une guerre entre pauvres, chacun cachant sa soumission derrière les draps de « sa » religion ou « sa » nation. Refusons de croire, donc, refusons d’obéir, refusons toute morale, refusons de prendre parti dans cette guerre civile que les chefs de tout bord veulent.

Attaquons-nous à toute autorité, pour que la liberté l’emporte. Pour la révolution !

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